
Depuis 2010, nous avons reçu plus de mandats pour organiser des prestations d’intérêt général pour les jeunes de moins de 15 ans. Or, nous constatons que les organismes d’accueil hésitent à accueillir nos demandes pour ces jeunes, du fait d’avoir à les intégrer au sein d’une équipe de travailleurs et de trouver une tâche qu’ils puissent leur confier.
Nous avons donc développé l’idée de réfléchir à une autre façon de mettre la prestation en œuvre pour ces jeunes-là.
L’objectif est de conserver l’idée de confrontation du jeune à la prestation d’intérêt général en tant que réparation symbolique à l’égard de la collectivité. Cela se traduit dans l’idée d’un service rendu qui s’inscrit, et inscrit le jeune, dans le tissu social. Notre rôle reste donc d’assurer un lien pour le jeune avec le social.
Constatant que les mineurs de cet âge ont l’habitude d’agir en groupe, un aspect innovant de ce projet est que cette prestation se fait en groupe, de 4 à 6 jeunes. Le partage apporte une dimension de tiers via des pairs, à laquelle les jeunes sont très ouverts et sensibles. La réalisation en groupe a des effets d’ouverture aux autres.
Par ailleurs, à cet âge, ils se projettent encore peu. L’individuation est encore balbutiante, elle ne se fait pas sentir comme une nécessité et est donc moins un point d’appui pour eux. Ils ont aussi naturellement tendance à s’étayer sur l’adulte.
Dans leur suivi, deux volets seront développés : un volet « réflexif » et un volet « organismes ».
La réflexion et le décentrement seront suscités via un travail concret à préparer et à réaliser ensemble sur un thème donné comme la question des limites, du leadership, de l’amitié, de la citoyenneté, du groupe, de la solitude, du risque, de la loyauté, du secret… Cela se fera via un média approprié, sur base d’une préparation détaillée par nos soins.
Le constat de la difficulté des organismes d’assurer un encadrement des jeunes de moins de 15 ans nous a donné l’idée d’assurer nous-mêmes l’encadrement d’un groupe de jeunes pour réaliser une tâche qui sera ponctuelle. On contourne par là la difficulté des organismes auxquels on s’adresse, en y suppléant par un dispositif d’intervention assurant de notre côté un accompagnement sur le terrain.
Une contrepartie du côté de l’organisme doit être réelle, sans quoi la tâche tomberait dans le vide. Nous pouvons imaginer qu’une personne de l’équipe nous accueille le premier jour, nous fasse visiter l’institution, réceptionne le travail en fin de journée. Nous voyons là, un lien et un suivi entre notre intervention et celui de l’organisme.
Dès que nous avons défini nos lignes de forces, il fallait désormais trouver un nom à notre projet. Après réflexions, débats et échanges, nous décidons que notre projet ne portera pas un « très ronflant » projet pour les jeunes de 12/14 ans, mais plutôt l’appellation de CapAdo…
Ainsi, le 03 novembre 2010 nait notre nouveau projet…